← Retour aux ressources

Indemnité de précarité en fin de CDD : quand est-elle due ?

10 % de la rémunération totale du contrat : c'est la règle par défaut à la fin d'un CDD. Mais cinq situations en dispensent l'employeur — et les confondre coûte cher dans les deux sens.

Les CDD sont fréquents en aide à domicile, notamment pour des remplacements. L'indemnité de fin de contrat qui les accompagne est souvent mal maîtrisée : certaines structures l'omettent alors qu'elle est due, d'autres la versent alors qu'une exception s'applique.

Le principe : 10 % de la rémunération totale brute

À l'issue d'un CDD, le salarié a droit à une indemnité de fin de contrat, dite indemnité de précarité, égale à 10 % de la rémunération totale brute versée pendant toute la durée du contrat, renouvellements compris (article L. 1243-8 du Code du travail). Ce taux peut être réduit à 6 % par un accord collectif étendu, à condition que celui-ci prévoie en contrepartie un accès facilité des salariés en CDD à la formation professionnelle — vérifiez si une telle clause figure dans votre convention collective avant d'appliquer un taux réduit.

Les cas où l'indemnité n'est pas due

L'article L. 1243-10 du Code du travail exclut l'indemnité de précarité dans plusieurs situations, dont les plus fréquentes en SAAD :

  • Le salarié refuse la conclusion d'un CDI pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente — à condition que l'offre ait été notifiée par écrit avant le terme du CDD
  • Le CDD est rompu de manière anticipée à l'initiative du salarié, ou pour faute grave, ou en cas de force majeure
  • Le CDD relève de l'emploi saisonnier ou d'un secteur où il est d'usage constant de ne pas recourir au CDI pour ce type d'emploi
  • Le contrat a été conclu au titre de la politique de l'emploi (contrat aidé) ou dans le cadre d'une formation professionnelle
⚠️

Ce qu'il faut retenir : un CDD de remplacement classique en SAAD ne relève d'aucune de ces exceptions par défaut. Présumer qu'un CDD « du secteur » est automatiquement dispensé d'indemnité de précarité est une erreur fréquente — et un rappel de salaire prud'homal fréquent quand elle est découverte après coup.

Le piège du refus de CDI mal documenté

Proposer un CDI à un salarié en fin de CDD pour éviter de verser l'indemnité de précarité ne suffit pas si l'offre n'est pas formalisée par écrit, avant le terme du contrat, et strictement équivalente en termes de rémunération et d'emploi. Une proposition orale, tardive, ou assortie de conditions moins favorables ne permet pas d'écarter l'indemnité — même si le salarié a effectivement refusé.

Le réflexe à adopter à chaque fin de CDD

Avant de calculer ou d'écarter l'indemnité de précarité, vérifiez systématiquement à quelle catégorie appartient le CDD concerné, et documentez par écrit toute exception invoquée (refus de CDI notifié, motif de rupture anticipée). C'est cette trace écrite, plus que la bonne foi, qui protège la structure en cas de contestation.

💡

Gagnez du temps : nos modèles de CDD et documents de fin de contrat intègrent le calcul et les mentions relatives à l'indemnité de précarité, pour sécuriser chaque fin de contrat.

Sources

  • Code du travail, article L. 1243-8 (indemnité de fin de contrat)
  • Code du travail, article L. 1243-10 (cas d'exclusion de l'indemnité)
  • Service-public.fr — L'indemnité de fin de contrat (indemnité de précarité)

Cet article a une vocation informative générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Des modèles de CDD et documents de fin de contrat conformes, mentions de précarité incluses.

Voir les documents de fin de contrat