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Temps de trajet entre deux interventions : temps de travail ou non ?

Un intervenant enchaîne trois usagers dans la même matinée. Les trajets entre chaque intervention sont-ils payés ? La réponse dépend d'une distinction que beaucoup de structures ignorent encore.

C'est l'une des questions les plus fréquentes — et les plus mal comprises — en aide à domicile. La confusion vient du fait que le Code du travail traite différemment deux trajets qui, pour l'intervenant, se ressemblent pourtant beaucoup.

Le trajet domicile-travail : en principe non rémunéré

L'article L. 3121-4 du Code du travail pose le principe : le temps de déplacement pour se rendre de son domicile personnel à son premier lieu d'exécution du travail (et retour depuis le dernier), n'est pas un temps de travail effectif. C'est le régime classique du trajet domicile-travail, comme pour tout salarié.

Toutefois, si ce trajet dépasse le temps normal entre le domicile et un lieu de travail habituel (ce qui est fréquent pour un intervenant itinérant dont le « lieu de travail » change chaque jour), il doit faire l'objet d'une contrepartie, financière ou sous forme de repos, fixée par accord collectif ou, à défaut, unilatéralement par l'employeur après consultation du CSE s'il existe.

Le trajet entre deux interventions : du temps de travail effectif

La situation change radicalement une fois la première intervention commencée. Le temps de déplacement entre deux usagers, au cours de la même journée, se déroule alors que le salarié est déjà à la disposition de son employeur et doit se conformer à ses directives — il ne peut pas vaquer librement à des occupations personnelles. Ce temps répond à la définition du temps de travail effectif posée par l'article L. 3121-1 du Code du travail, et la Cour de cassation le retient de façon constante pour les salariés itinérants, dont les intervenants à domicile.

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Ce qu'il faut retenir : exclure systématiquement les temps de trajet inter-vacations du décompte des heures travaillées expose à un rappel de salaire — parfois rétroactif sur plusieurs années — et à un risque de rappel d'heures supplémentaires si le cumul dépasse la durée légale.

Et les frais kilométriques ?

Au-delà de la question du temps, se pose celle du coût du déplacement lui-même (carburant, usure du véhicule). La convention collective de la Branche de l'Aide à Domicile prévoit des dispositions spécifiques relatives aux frais professionnels et à l'indemnisation des déplacements — à vérifier dans les avenants en vigueur, car ces montants sont régulièrement révisés.

Comment sécuriser votre planning

  • Intégrer explicitement le temps de trajet inter-vacations dans le logiciel ou le tableau de suivi du temps de travail
  • Distinguer clairement, dans les plannings, le premier et le dernier trajet de la journée (non travaillés) des trajets intermédiaires (travaillés)
  • Vérifier la contrepartie prévue pour les trajets domicile-travail anormalement longs
  • Documenter la méthode de calcul retenue, pour pouvoir la justifier en cas de contrôle
💡

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Sources

  • Code du travail, articles L. 3121-1 (définition du temps de travail effectif), L. 3121-4 (temps de déplacement professionnel)
  • Jurisprudence constante de la Cour de cassation relative au temps de déplacement des salariés itinérants entre deux lieux d'exécution du travail
  • Convention collective nationale de la branche de l'aide à domicile (BAD), IDCC 2941 — dispositions relatives aux frais professionnels

Cet article a une vocation informative générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

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