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Bientraitance et signalement de maltraitance en SAAD

Un intervenant témoin ou informé d'une situation de maltraitance n'a pas le choix de se taire : la loi impose de signaler, et protège celui qui le fait de bonne foi.

Isolement du domicile, vulnérabilité des personnes accompagnées, multiplicité des intervenants : le secteur de l'aide à domicile est particulièrement concerné par les situations de maltraitance, qu'elles viennent de l'entourage, d'un tiers, ou plus rarement d'un professionnel. La loi encadre précisément ce qui doit être fait.

Une obligation légale de signaler, pas une simple recommandation

L'article 434-3 du Code pénal impose à quiconque a connaissance de mauvais traitements ou privations infligés à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité, d'une déficience physique ou psychique ou d'un état de grossesse, d'en informer les autorités judiciaires ou administratives. Ne pas signaler est pénalement sanctionné : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

Le secret professionnel ne fait pas obstacle au signalement

Un intervenant ou un responsable de structure ne peut pas invoquer une obligation de confidentialité pour justifier son silence : l'article 226-14 du Code pénal lève explicitement le secret professionnel pour permettre le signalement de privations ou de sévices, y compris de nature sexuelle, infligés à un mineur ou à une personne vulnérable.

Qui alerter, et comment

  • 3977 — le numéro national dédié à l'écoute et à l'orientation en cas de maltraitance envers les personnes âgées ou en situation de handicap
  • Le procureur de la République, en cas de danger immédiat ou d'infraction pénale caractérisée
  • Le conseil départemental ou l'ARS, selon la nature de la structure et de l'établissement concerné
  • La cellule interne de signalement de votre propre structure, en parallèle, pour assurer le suivi et la traçabilité
⚠️

Ce qu'il faut retenir : un salarié qui signale de bonne foi une situation de maltraitance ne peut faire l'objet d'aucune sanction, licenciement ou mesure discriminatoire de ce fait. Une structure qui écarterait un salarié pour avoir signalé s'expose à une nullité de la sanction et à des dommages-intérêts.

La bientraitance : un principe qui se construit avant l'incident

Au-delà de l'obligation de signaler, la bientraitance est une démarche continue : respect du rythme et du consentement de la personne accompagnée, écoute de sa parole, vigilance sur les signes d'épuisement de l'intervenant lui-même (l'épuisement professionnel est un facteur de risque de maltraitance involontaire), et culture d'équipe qui autorise à évoquer une difficulté sans crainte d'être jugé.

Ce qu'une structure doit mettre en place

Une procédure interne écrite, connue de tous les intervenants dès leur embauche, précisant qui contacter, dans quel délai, et comment la structure assure ensuite le suivi — c'est ce document, plus que la seule bonne volonté individuelle, qui garantit qu'un signalement ne reste jamais sans suite.

💡

Gagnez du temps : notre Protocole Bientraitance et Maltraitance détaille la procédure de signalement, le cadre légal du CASF et les repères pour prévenir les situations à risque — à diffuser à toute votre équipe.

Sources

  • Code pénal, article 434-3 (obligation de signaler les mauvais traitements sur personne vulnérable)
  • Code pénal, article 226-14 (dérogation au secret professionnel pour le signalement)
  • 3977 — Numéro national contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées
  • Code de l'action sociale et des familles — principe de bientraitance des personnes accompagnées

Cet article a une vocation informative générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. En cas de situation de maltraitance avérée ou suspectée, contactez sans délai le 3977 ou les autorités compétentes.

Un protocole complet pour prévenir, repérer et signaler les situations de maltraitance.

Voir le Protocole Bientraitance et Maltraitance